Dans l’application de bureau de ChatGPT, il y a aujourd’hui deux espaces, ChatGPT et Codex, et dans le premier deux onglets, Chat et Work. Beaucoup d’utilisateurs ne savent plus très bien où ils travaillent. OpenAI a écrit à ses abonnés pour annoncer la fin de cette séparation : Chat et Work vont fusionner. Le changement le plus concret pour une entreprise est ailleurs. À partir de décembre, ChatGPT et Codex consommeront le même quota, compté en jetons. Pour une PME qui paie quelques licences, c’est le moment de regarder qui utilise quoi.
Ce qu’OpenAI a annoncé
D’après l’e-mail envoyé aux utilisateurs et rapporté par TechCrunch le 2 novembre, l’expérience fusionnée sera d’abord proposée à une sélection d’utilisateurs pour recueillir leurs retours, avant d’être déployée plus largement. OpenAI la présente ainsi : vous pourrez apporter vos fichiers et vos plugins et demander à ChatGPT de créer un site web, de réaliser une présentation ou d’effectuer des tâches sur le web, tout en relisant et en guidant son travail. Codex, l’outil de développement, reste un espace séparé dans l’application de bureau.
En clair, les capacités « agentiques » de Work, celles où ChatGPT enchaîne des actions plutôt que de répondre à une question, arrivent dans la conversation principale. Il n’y aura plus à choisir un onglet selon le type de demande. Anthropic a fait le même choix en septembre en réunissant le chat et Cowork de Claude sur un seul écran, comme le rappellent TechCrunch et ZDNet.
Le vrai changement : un seul compteur à partir de décembre
La page d’aide d’OpenAI « Understanding ChatGPT and Codex usage limits » pose les règles :
- Formules concernées : Plus, Pro et Business. Le quota de chaque formule sera partagé entre ChatGPT et Codex à partir de décembre.
- Comptage en jetons : les jetons sont les unités de texte qu’un modèle lit et produit. La part de quota consommée dépend du modèle choisi et de la tâche demandée ; les modèles avancés et les tâches complexes en consomment davantage.
- Une exception : le chat « Instant », le mode de réponse rapide, ne sera pas décompté.
- Un tableau de bord : le quota restant et les heures de réinitialisation, ChatGPT et Codex confondus, seront visibles dans Réglages, puis Utilisation.
- Une fois la limite atteinte : attendre la réinitialisation, passer à une formule supérieure ou acheter des crédits pour continuer à utiliser les fonctions éligibles.
OpenAI assure préparer la transition « avec soin » et estime que la plupart des utilisateurs n’auront pas à attendre une réinitialisation plus souvent qu’aujourd’hui. L’éditeur reconnaît toutefois, dans son e-mail, que selon l’usage et le modèle, certains devront patienter plus fréquemment. Génération NT relève que des développeurs craignent une baisse de la capacité réellement disponible dans leur abonnement.
Ce que la note ne dit pas compte autant : elle ne donne ni la taille du quota, ni la date exacte du basculement en décembre, ni le coût des crédits supplémentaires. Impossible donc, aujourd’hui, de savoir combien de tâches Work ou de sessions Codex tiendront dans un mois.
Pourquoi une PME doit s’en préoccuper
Pour quelqu’un qui pose des questions et fait reformuler des mails, rien ne devrait changer, surtout si les réponses rapides restent hors quota. Le sujet devient sérieux dans trois situations que l’on rencontre souvent dans les petites structures.
Un même compte sert à tout. Le gérant fait rédiger ses devis dans ChatGPT, et le même abonnement sert au développeur, salarié ou freelance, qui travaille dans Codex sur le site ou un outil interne. Jusqu’ici, les deux usages puisaient dans des réserves séparées. Demain, une longue session de code peut entamer ce qui restait pour le reste de la journée.
Des tâches agentiques entrent dans les routines. Faire construire une présentation, préparer un comparatif en naviguant sur plusieurs sites, traiter un dossier de fichiers : ce sont précisément les tâches qui consomment le plus. Nous en parlions à propos des tâches de ChatGPT reliées à Gmail et Slack et de la connexion de Work à vos sites. Si une routine hebdomadaire repose dessus, un quota épuisé un jeudi matin devient un problème d’organisation.
Le budget devient variable. L’abonnement reste fixe, mais la possibilité d’acheter des crédits introduit une part à la consommation. Ce n’est pas propre à OpenAI : nous l’avions vu avec les crédits de l’agent Notion. La tendance est nette, les outils d’IA passent d’un forfait illimité à un compteur, et il faut gérer ce compteur comme une ligne de dépense.
Ce qu’il faut faire d’ici décembre
- Faites l’inventaire des comptes. Qui a une licence Plus ou Business, et qui utilise Codex ? Si un prestataire développe pour vous avec votre abonnement, c’est le moment d’en parler avec lui.
- Séparez le code du reste quand c’est possible. Un compte dédié au développement évite qu’une session Codex prive l’équipe commerciale de ses tâches agentiques en fin de mois.
- Choisissez le modèle selon la tâche. Puisque les modèles avancés coûtent plus de quota, réservez-les aux analyses longues et laissez le mode rapide pour les questions courantes.
- Regardez Réglages, puis Utilisation, dès que le tableau apparaît. Quelques semaines d’observation diront si votre formule suffit, avant d’acheter des crédits par réflexe.
- Ne bâtissez pas un processus critique sur un quota que vous ne maîtrisez pas. Si une tâche doit tourner chaque jour sans faute (relances, extraction de factures, mise à jour d’un tableau), elle a plutôt sa place dans une automatisation construite pour durer. Dans ce cas, l’appel à l’API d’OpenAI est facturé séparément de l’abonnement, à l’usage réel, et le coût se prévoit.
Notre avis
La fusion de Chat et Work est une bonne nouvelle pour l’usage quotidien : un seul endroit pour réfléchir puis faire exécuter, c’est plus simple pour des équipes qui ne sont pas technophiles. Le quota commun est un changement d’une autre nature. Il rappelle qu’un abonnement d’assistant n’est pas une infrastructure : sa capacité peut évoluer d’un mois à l’autre, selon des règles fixées par l’éditeur.
Pour une PME, le bon réflexe est de garder ChatGPT pour ce qu’il fait bien, aider chacun à rédiger, chercher et préparer. Les tâches répétitives dont dépend l’activité méritent d’être sorties de la fenêtre de discussion et confiées à des agents et automatisations que vous contrôlez, branchés sur vos logiciels, avec un coût connu. Et si Codex sert déjà à faire évoluer votre site ou un outil interne, c’est souvent le signe qu’un vrai projet d’ingénierie logicielle mérite d’être cadré.
Sources
E-mail aux utilisateurs, test auprès d’une sélection d’utilisateurs, citation sur les fichiers, plugins, sites et présentations, Codex séparé, avertissement sur des attentes plus fréquentes, fusion côté Claude en septembre : TechCrunch, « OpenAI is finally merging ChatGPT’s Chat and Work tabs » (2 novembre 2026). Formules concernées, comptage en jetons, exception du chat Instant, Réglages puis Utilisation, options en cas de limite atteinte : OpenAI Help Center, « Understanding ChatGPT and Codex usage limits ». Reprise en français et inquiétudes des développeurs : ZDNet (3 novembre 2026) et Génération NT (3 novembre 2026).
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