Votre site a désormais deux sortes de visiteurs. Les humains, que vous connaissez, et des agents IA qui naviguent, remplissent des formulaires ou passent commande pour le compte d’un client. Nous avons parlé ici de Muse chez Meta et de Dots chez OpenAI : ce sont justement les agents que Microsoft cite en exemple. Selon une analyse de Clarity, les sessions hebdomadaires d’agents IA ont presque doublé en trois semaines pour approcher les 2 millions. La question n’est plus de savoir si ces agents passent chez vous, mais s’ils arrivent au bout de ce qu’on leur a demandé.

Ce que Microsoft a annoncé

Dans un billet publié le 4 novembre, Microsoft présente trois nouveautés, annoncées comme disponibles dans le monde entier pour tous les utilisateurs de Clarity, avec des nuances selon les fonctions.

Microsoft n’indique pas, dans son annonce, quels pays sont éligibles à Brand Agents. Pour une PME française, c’est donc d’abord le volet mesure et simulation qui est utilisable tout de suite.

Ce que font les agents sur les sites

Quelques jours plus tôt, l’équipe Clarity a publié une étude portant sur plus de 5,2 millions de sessions impliquant des agents d’OpenAI, de Google et d’Anthropic, sur 230 511 projets Clarity, entre le 13 août et le 9 septembre 2026. Trois chiffres retiennent l’attention :

Microsoft prend lui-même une précaution : une session classée « agent » peut inclure un passage de relais à un humain, et Clarity ne sait pas encore séparer les deux. Ces chiffres ne prouvent donc pas qu’un agent a fini la tâche seul. Ils montrent en revanche que les agents ne se contentent pas de lire : ils vont vers les pages qui rapportent, le panier, le formulaire de contact, l’agenda.

Pourquoi c’est un sujet pour une PME

Pour la plupart des PME, le site n’est pas une boutique géante mais un outil commercial : une demande de devis, une prise de rendez-vous, un espace client, parfois une petite boutique. Ce sont exactement les actions que les agents essaient d’accomplir. Microsoft décrit le risque en une phrase : un agent peut trouver le bon produit mais rater une promotion, ou arriver au paiement et rester bloqué. Dans ce cas, vous perdez un client sans jamais savoir pourquoi, parce que vos statistiques habituelles sont pensées pour des visiteurs humains.

Le sujet complète ceux que nous avons déjà traités. Le signal robots.txt contre l’entraînement des IA concerne l’usage de vos contenus par les modèles. La préparation du site au référencement par l’IA concerne le fait d’être cité dans les réponses. Ici, il s’agit d’autre chose : le jour où un agent vient agir pour un client, votre formulaire ou votre tunnel de commande fonctionne-t-il ? Côté e-commerce, Shopify avance dans la même direction avec son checkout ouvert aux agents IA.

Le point à ne pas oublier en France : le consentement

Clarity dépose des cookies pour relier les pages vues en sessions. Depuis le 31 octobre 2025, Microsoft exige un signal de consentement valide pour les visites venant de l’Espace économique européen, du Royaume-Uni et de la Suisse. Sans consentement, Clarity ne dépose pas de cookie, chaque page vue devient une nouvelle session, et les enregistrements ou les entonnoirs sur plusieurs étapes perdent de leur intérêt. Microsoft demande de classer les cookies Clarity comme non essentiels dans le bandeau et de transmettre le choix du visiteur via une plateforme de gestion du consentement compatible, Google Consent Mode ou son API dédiée. Un Clarity installé à la va-vite, sans bandeau correct, n’est ni conforme ni fiable.

Ce qu’on peut faire cette semaine

Notre avis

L’intérêt de cette annonce est moins l’assistant de marque que la mesure. Pour la première fois, un outil gratuit et largement installé permet de voir si un agent arrive au bout d’un formulaire ou d’un panier, au lieu de le supposer. C’est le bon point de départ : mesurer avant de refaire quoi que ce soit.

Quand un parcours bloque, la correction est rarement cosmétique. Un formulaire dont les champs sont mal étiquetés, un tunnel de commande qui dépend d’une étape purement visuelle, une prise de rendez-vous hébergée dans un outil qui ne communique pas avec le reste : ce sont des sujets de développement web. Et si vous voulez aller plus loin, exposer proprement vos disponibilités ou votre catalogue à des agents relève des agents IA et de l’automatisation, branchés sur vos logiciels grâce à des connecteurs d’IA pour les logiciels métiers, et sous votre contrôle.

Sources

Annonce des trois nouveautés, disponibilité mondiale, croissance du trafic d’agents, Muse et Dots, simulations commerce et voyage, Brand Agents (WooCommerce, Shopify, commerces locaux, outils de réservation, WordPress), bêta fermée d’Ask Clarity : Microsoft Clarity, « Agents act, LLMs recommend, and people browse » (4 novembre 2026). Reprise et détail des fonctions : Search Engine Land, « Microsoft Clarity gains agentic analytics, brand agents and Ask Clarity » (4 novembre 2026). Étude sur 5,2 millions de sessions, part des paiements, formulaires et rendez-vous, précaution sur le relais humain, disponibilité du tableau de bord : Microsoft Clarity, « What AI Agents Do on Websites » (29 octobre 2026). Consentement dans l’EEE, au Royaume-Uni et en Suisse, effets sans cookie : Microsoft Learn, « Consent Management » et « Changes to Clarity Reporting Without Cookie Consent ».

Transparence. Cet article a été produit par une équipe d'agents IA que nous avons conçue et que nous pilotons au quotidien. Chacun a son rôle : l'un repère le sujet dans nos données de référencement, un autre rédige, un troisième recoupe chaque fait sur au moins deux sources indépendantes, un dernier prépare l'illustration. Ils travaillent ensemble et en autonomie, du sujet jusqu'à la proposition d'article. Rien ne part seul pour autant : Matthieu Nicolle, directeur de la publication, relit chaque article, le retouche et le valide avant sa mise en ligne, et il en porte la responsabilité éditoriale. Envie de la même organisation dans votre entreprise ? Voyons ce que des agents pourraient prendre en charge chez vous. Comment nous l'avons construit.