Quand un assistant IA doit répondre sur un sujet récent, citer une source ou surveiller ce qui se publie, il a besoin d’un moteur de recherche branché derrière lui. Le 2 novembre, l’équipe française d’ibou a lancé ibou Platform, une API qui donne accès à son propre index du web, facturée à l’appel. Ce que c’est, ce que ça coûte, ses limites et comment la tester.
Ce qui a été lancé le 2 novembre
ibou Platform est l’API de recherche web du moteur ibou, porté par Sylvain Peyronnet et exploité par Babbar SAS, une société d’Évreux. Il l’a annoncée lundi sur X en ces termes : « l’API de recherche web du moteur ibou, en FR pour l’instant, pour vos apps, grounding, outils de veille, etc. 100% made in France : notre crawl, notre index, notre classement. »
Deux précisions pour ne pas se tromper de produit :
- Ce n’est pas un chatbot. Comme le souligne Mediavenir, il s’agit d’une infrastructure de recherche, ni un modèle d’IA générative ni un assistant conversationnel. Elle renvoie des sources classées, que votre outil ou votre modèle d’IA exploite ensuite.
- Ce n’est pas le moteur grand public. Celui-ci, annoncé en juillet 2025, n’est pas encore sorti. L’API vise les entreprises, les développeurs et les éditeurs de logiciels.
ibou affirme maîtriser toute la chaîne (robots d’exploration, index, classement) et ne pas revendre les résultats de Google ou de Bing.
À quoi sert une API de recherche dans une PME
Le mot qui revient dans l’annonce est le grounding, ou ancrage : au moment où l’on pose une question à une IA, on va d’abord chercher des pages pertinentes sur le web, puis on demande au modèle de répondre à partir de ces pages, en citant ses sources.
Pour une PME, cela se traduit par des usages très terre à terre :
- La veille automatisée : chaque matin, un petit programme lance une série de recherches (vos concurrents, une réglementation, un marché public, une matière première) et vous envoie un résumé avec les liens.
- Un assistant métier qui cite ses sources : un commercial ou un technicien pose une question, l’assistant cherche sur le web francophone et répond avec les liens à vérifier.
- Une fonction de recherche dans votre propre logiciel : comparateur, portail client, outil interne. L’usage commercial dans un produit est autorisé par les conditions d’ibou.
Ces usages rejoignent ce que nous décrivions dans notre article sur la façon de connecter l’IA à vos logiciels métiers : l’IA devient utile quand elle est branchée sur les bonnes données, et le web en fait partie.
Quatre niveaux de détail, quatre prix
Une même recherche peut être demandée à quatre niveaux. Les sources renvoyées sont les mêmes, classées par pertinence ; seul le contenu change, et donc le prix. Le tarif affiché est de 1,00 € HT les 1 000 unités.
/v1/urls, 1 unité : l’adresse de chaque source, rien de plus./v1/results, 2 unités : le site, l’adresse, le titre, un extrait et la langue./v1/passage, 3 unités : la même chose, plus le passage le plus pertinent de la page./v1/page, 5 unités : la même chose, plus tous les passages de la page.
Concrètement, 1 000 recherches au niveau « passage », le plus adapté pour nourrir un assistant IA, coûtent 3 € HT. Une veille qui lance 50 recherches par jour à ce niveau consomme environ 4 500 unités sur un mois de 30 jours, soit 4,50 € HT. Chaque recherche renvoie par défaut 10 résultats, jusqu’à 20 au maximum, et la question est limitée à 200 caractères.
Côté achat, il n’y a ni abonnement ni recharge automatique. On achète des unités à partir de 15 000 (15 € HT), elles restent valables 12 mois, et chaque nouvel achat prolonge tout le solde. Les entreprises françaises paient la TVA française.
Ce qui est facturé, et ce qui ne l’est pas
La page tarifs d’ibou détaille précisément ce qui est décompté :
- Pas facturé : les erreurs, une clé refusée, une limite de débit atteinte. Quand le solde est à zéro, les appels sont simplement refusés, sans dette ni achat automatique.
- Facturé : une recherche réussie qui ne trouve rien, et chaque répétition d’une même recherche. Il n’existe pas de mécanisme pour éviter de payer deux fois une requête identique.
Ce second point compte pour un agent IA mal réglé, qui peut relancer la même recherche en boucle. Le coût reste faible, mais c’est à votre outil de mémoriser les recherches déjà faites.
Données et souveraineté : ce qui est annoncé
C’est l’argument central d’ibou. Le service, ses données et ses sauvegardes sont hébergés en France, sur les infrastructures de Babbar, et le personnel y accède depuis l’Union européenne. ibou indique que vos requêtes ne sont pas revendues et que leur texte reste au plus 30 jours dans les journaux techniques.
Trois nuances. Certains prestataires voient une partie des données : Stancer pour le paiement, Brevo pour les e-mails, Infomaniak pour le support. Le texte de vos recherches transite bien chez ibou : n’y mettez ni données personnelles ni informations confidentielles. Et si un modèle d’IA américain lit ensuite les résultats, c’est ce maillon qui décide où partent vos données.
Les limites à connaître avant de s’engager
- Le français d’abord. L’index est annoncé en français « pour l’instant ». Pour des sources en anglais, il faudra un autre outil.
- Un service tout neuf. Mediavenir indique que les premiers comptes s’ouvrent sur invitation, avec une liste d’attente, alors que le site propose déjà de créer un compte. Vérifiez où vous en êtes en vous inscrivant.
- Une qualité à juger sur pièce. Un nouvel index doit faire ses preuves, notamment sur des requêtes locales ou très spécialisées.
- Pas de revente en marque blanche sans accord écrit : intégrer la recherche dans votre produit est permis, revendre un accès direct à l’API ne l’est pas.
- Les droits sur les sources restent ceux de leurs auteurs : afficher un extrait avec un lien, oui ; recopier des pages entières dans votre outil, non.
Point rassurant pour un logiciel : ibou annonce 30 jours à l’avance toute évolution susceptible de casser une intégration.
Comment la tester sans écrire de code
À l’inscription, ibou offre 100 unités, sans carte bancaire, valables 90 jours. C’est peu (20 recherches au niveau le plus complet, 100 au niveau le plus simple), mais suffisant pour se faire un avis :
- Choisissez un seul usage, par exemple la veille sur vos trois principaux concurrents ou sur une réglementation de votre secteur.
- Écrivez une vingtaine de questions réelles, celles que vous posez déjà à Google chaque semaine.
- Lancez-les dans le Playground, l’espace de test du portail, qui exécute les recherches sans avoir à manipuler de clé.
- Comparez avec vos résultats habituels : sources fiables, récentes, locales ? Sites essentiels manquants ?
Si le résultat tient la route, l’étape suivante est de brancher l’API dans un petit outil : un script de veille, un agent qui prépare vos synthèses, ou une recherche intégrée à votre logiciel. Un agent peut aussi décider seul quand chercher sur le web et quand interroger vos données internes, comme nous l’expliquions dans notre article sur la façon de trier et d’orienter les demandes vers les bons outils.
Notre conseil
ibou Platform ne remplace pas votre moteur de recherche habituel. C’est une brique, transparente sur ses prix et hébergée en France, pour donner à vos outils et à vos agents IA un accès au web francophone avec des sources citées. Pour une PME qui a un vrai besoin de veille ou un assistant interne à fiabiliser, le test coûte zéro euro et une heure de travail. Mais le service vient d’ouvrir, l’index se limite au français et sa qualité se juge sur vos propres questions. Un premier outil de veille ou un assistant qui cite ses sources, c’est exactement le type de projet que nous menons en ingénierie logicielle.
Sources
Annonce du 2 novembre, citation de Sylvain Peyronnet, nature du service (ni modèle génératif ni chatbot), moteur grand public encore à venir, ouverture sur invitation, Babbar SAS à Évreux, chaîne de recherche propre : Mediavenir, « ibou lance son API pour intégrer son moteur de recherche aux applications professionnelles » (2 novembre 2026). Endpoints et prix par appel, usages, hébergement, conservation des requêtes, prestataires, conditions d’usage commercial et de marque blanche, préavis de 30 jours, 100 unités offertes : ibou Platform, page d’accueil officielle. Tarif de 1,00 € HT les 1 000 unités, achats à partir de 15 000 unités, validité de 12 et 90 jours, ce qui est décompté ou non, absence d’idempotence, TVA : ibou Platform, page Tarifs. Paramètres de requête (200 caractères, 1 à 20 résultats) et Playground : ibou Platform, documentation. Origine du projet ibou : Sylvain Peyronnet, « Babbar : la suite arrive » (24 juillet 2025).
Transparence. Cet article a été produit par une équipe d'agents IA que nous avons conçue et que nous pilotons au quotidien. Chacun a son rôle : l'un repère le sujet dans nos données de référencement, un autre rédige, un troisième recoupe chaque fait sur au moins deux sources indépendantes, un dernier prépare l'illustration. Ils travaillent ensemble et en autonomie, du sujet jusqu'à la proposition d'article. Rien ne part seul pour autant : Matthieu Nicolle, directeur de la publication, relit chaque article, le retouche et le valide avant sa mise en ligne, et il en porte la responsabilité éditoriale. Envie de la même organisation dans votre entreprise ? Voyons ce que des agents pourraient prendre en charge chez vous. Comment nous l'avons construit.