Trois exigences qui semblent s'opposer

Un accès wifi d'établissement doit satisfaire trois attentes qui, à première vue, tirent dans des directions différentes :

Le réflexe courant consiste à traiter la première et à repousser les deux autres. C'est précisément l'inverse qu'il faut faire : les contraintes de cloisonnement et de traçabilité structurent l'installation, et la simplicité d'usage se construit par-dessus.

Séparer les usages : le principe des VLAN

Un réseau d'entreprise « à plat » place tous les appareils dans le même espace : les postes de travail, l'imprimante, le système d'encaissement, les caméras, le stockage partagé — et, si on y branche un wifi ouvert, les téléphones de tous les visiteurs. Dans cette configuration, un appareil compromis dans le lot peut en atteindre d'autres.

La segmentation en VLAN (réseaux locaux virtuels) répond à ce problème sans tirer un seul câble supplémentaire. Le même équipement porte plusieurs réseaux logiques, étanches entre eux : l'exploitation d'un côté, les invités de l'autre. Chacun a son propre adressage, et l'équipement n'autorise à circuler de l'un à l'autre que ce qui a été explicitement décidé.

Pour un accès invité, la règle est simple à énoncer : le réseau invité ne mène qu'à Internet. Il ne voit pas les ressources internes, et il ne les verra pas davantage si un appareil qui s'y connecte se révèle infecté. On y ajoute l'isolation entre clients : deux appareils connectés au même réseau invité ne se voient pas non plus l'un l'autre — ce qui protège les visiteurs entre eux, pas seulement l'établissement.

L'intérêt secondaire est budgétaire : il n'y a rien à racheter. La segmentation se configure sur l'infrastructure existante, et le jour où un nouvel usage arrive — un écran d'affichage, un boîtier de réservation, un objet connecté quelconque — il prend sa place dans le segment qui lui correspond au lieu d'atterrir au milieu des données de gestion.

Le portail captif : là où le consentement se joue

Le visiteur qui rejoint le réseau tombe sur une page aux couleurs de l'établissement, hébergée et maintenue par nos soins, qui dialogue avec les bornes pour autoriser la session. C'est cette page qui porte tout ce qui doit être dit avant la connexion.

Deux choix y sont structurants :

Ce détail d'interface est aussi ce qui rend l'installation défendable : il n'y a pas d'un côté la technique et de l'autre la conformité. Ici, c'est le même écran.

Journaliser ce qu'il faut, et rien de plus

Fournir un accès public implique de conserver des données techniques de connexion et de pouvoir les transmettre sur réquisition. C'est une obligation légale, pas une option — et c'est aussi la contrepartie qui protège l'exploitant : sans journal, c'est l'abonné qui répond de ce qui est parti de sa ligne.

Le principe directeur est celui de la minimisation : on conserve ce qui identifie une session, pas ce que la personne en a fait.

Conservé Non conservé
Horodatage de la connexion Historique de navigation
Adresse IP et adresse MAC de l'appareil Contenu des échanges
Résultat de la tentative (réussie ou non) Identité civile du visiteur

La durée de conservation est bornée à un an, et elle est annoncée au visiteur avant qu'il accepte — pas enfouie dans une politique que personne ne lira. Une durée qu'on ne s'engage pas à tenir n'a aucune valeur : elle doit s'appliquer réellement, ce qui suppose une purge et non un fichier qui grossit indéfiniment.

Le journal est lui-même une donnée à protéger

C'est l'étape qu'on oublie le plus souvent. Un fichier qui contient des adresses IP, des adresses MAC et des horaires de présence est un traitement de données personnelles. Le constituer pour se conformer à une obligation, puis le laisser accessible, revient à créer le problème qu'on voulait éviter.

Le répertoire qui les héberge est donc fermé en accès direct depuis le web : une requête vers le journal se heurte à un refus du serveur, pas à un téléchargement. C'est une ligne de configuration ; son absence transformerait une mise en conformité en fuite de données.

Ce que ça change, concrètement

Ce que nous en retenons

Sur ce type d'installation, trois principes reviennent à chaque fois :

Un wifi public bien posé ne se remarque pas : le client se connecte en deux gestes et n'y pense plus. Tout le travail est dans ce qu'il ne voit pas.